AVEZ-VOUS DÉJÀ ENTENDU PARLER DU TCAC?

Qu’est-ce que le TCAC, aussi connu sous le nom de «chemobrain » ou « chemofog »?

Ce sont les TROUBLES COGNITIFS ASSOCIÉS AU CANCER. La fonction cognitive est notre aptitude mentale ou nos capacités intellectuelles. Elle comporte la pensée, le raisonnement, la perception, le jugement, l’apprentissage, l’attention et la mémoire.

Après les traitements de chimiothérapie, on peut ressentir des troubles cognitifs, entre autres des troubles de mémoire, de concentration, mais ces troubles peuvent aussi affecter le comportement ou les émotions.

Les troubles cognitifs peuvent affecter votre qualité de vie dans son ensemble, dont votre capacité de travailler ou d’effectuer vos activités quotidiennes.

Ces changements peuvent être très légers et disparaître quelques mois après les traitements, mais parfois, ils prennent plus de temps à diminuer ou disparaître.

On dit que l’activité physique telle que la marche, la natation et le jardinage peuvent nous aider à rester vif d’esprit. Le yoga et la méditation peuvent nous aider à relaxer.

Et on peut exercer notre concentration avec des casse-tête, mots-croisés, sudoku, etc.

Voici quelques commentaires de personnes qui doivent apprendre à vivre avec le TCAC.

« Pour ma part, le TCAC m’a beaucoup affecté lors de mon retour au travail, double vérification de tâches effectuées, tâches que je fais depuis des années pourtant, oublier les prénoms de collègues de travail qui ne sont pas dans mon environnement immédiat, ne plus pouvoir faire 2 tâches en même temps, sembler déborder par le travail. Mais après quelques mois de retour au travail, les effets s’améliorent, je prends moins de temps pour faire une tâche, j’oublie encore certains mots, mais de moins en moins et je me suis rendu compte que les prénoms de collègues que j’oublie sont ceux avec qui je n’ai jamais travaillé en étroite collaboration. Pour exercer ma mémoire, je fais des mots-croisés et j’ai commencé à faire de la courtepointe, ce qui me demande beaucoup de concentration. Avec le temps et de la patience, j’y arriverai, mais pour l’instant, j’essaie d’en rire et de prendre ça avec un grain de sel.»

« J’oubliais tout, incapable de me concentrer pour lire un livre, je devais tout écrire pour ne rien oublier. Tranquillement à force de prendre des notes et de me faire des listes, j’oubliais moins de choses. Mais ce que j’ai remarqué, quand je suis fatiguée, la concentration est plus difficile qu’avant. Je fais aussi du sudoku et je suis même rendue au niveau intermédiaire »

« Comme la plupart des personnes affectées par le brainfog, c’est la concentration et la mémoire qui ont été le plus touchées. Au début, je mettais tout sur le dos de la ménopause et de la fatigue dûmes aux traitements. Maintenant je sais que c’est un réel effet secondaire de la chimiothérapie et je m’en fais moins. Un jour à la fois et si j’oublie, et bien tant pis, la prochaine fois j’y penserai. Et ceux dans mon entourage trouvent que je leur pose souvent la même question et ne retient pas la réponse »

« Comme beaucoup de personnes, la mémoire et la concentration manquaient à l’appel. Avant de connaître le TCAC, je me demandais bien ce qui m’arrivait. Je pensais que je ne reviendrais jamais comme avant, j’étais même un peu découragée. Le temps passe, il y a une grande amélioration, mais ce n’est pas parfait. Et les émotions sont souvent en dents de scie face aux effets secondaires de tous ses traitements. On doit faire face à tellement de bouleversements émotifs en si peu de temps, qu’après quelques années on se dit « ok, c’était ça quand les gens me disaient, tu vas voir ça change une vie ». Il faut le vivre pour le comprendre ».

Présentement, un projet-pilote de 3 ans est en cours à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. Subventionné par la Fondation du cancer du sein, l’objectif est de mettre sur pied et d’offrir un test de dépistage aux patientes atteintes du cancer du sein pour évaluer si elles sont touchées par le TCAC. Généralement, ses symptômes disparaissent en moins de 2 ans et 30% des survivantes en sont affectés, mais les sondages montrent que jusqu’à 75% des survivantes ont l’impression d’avoir le TCAC.

Donc, le mot d’ordre serait PATIENCE.

Lyette

Lymphoedème

Connaissez-vous le lymphoedème? C’est un effet secondaire possible suite à une mastectomie. Toutes de seront pas atteint, seulement un certain nombre de femmes.

Le lymphoedème est une enflure qui se produit quand la lymphe ne peut pas circuler normalement et qu’elle s’accumule dans les tissus mous du bras suite à l’enlèvement des ganglions lors de la mastectomie ou plus rarement, après la radiothérapie. Plus il y a de ganglions d’enlevés, plus le risque est grand de faire du lymphoedème.

Le lymphoedème se caractérise surtout par de l’enflure, mais une sensation de lourdeur dans le bras ou de chaleur peuvent aussi être un signe.

Une fois que le grade ou stade du lymphœdème sont connus, votre médecin peut vous proposer différentes façons pour essayer de vous rendre la vie plus agréable. Une fois le lymphoedème installé, malheureusement, il y reste, aucune pilule miracle n’existe. Les médecins peuvent essayer d’atténuer l’enflure, soulager la douleur, l’empêcher de s’aggraver, améliorer l’utilisation de notre bras, mais ne peuvent pas l’enrayer complètement.

Prendre soin de notre peau peut l’empêcher de s’assécher ou de craquer. Par contre, la chaleur peut aggraver le lymphoedème, donc attention au spa, au bain sauna, au coussin chauffant.

Porter des gants lorsque vous jardinez ou cuisinez pour éviter les infections.

Et essayer d’éviter les infections suite à une piqûre d’insecte, une coupure. Appliquer un onguent antibactérien au besoin.

Vous pouvez également porter une manche de compression et parfois, un gant est également nécessaire. Ceci aide la lymphe à circuler et l’empêcher de s’accumuler. Par contre, il faut une recommandation du médecin pour se procurer cette manche..

On peut aussi avoir recours au drainage lymphatique, donné par une personne qualifiée, pour essayer d’améliorer votre situation.

Et lorsque nous avons subi une mastectomie, on évite les prises de sang et prise de tension du côté opéré. Si on a eu une mastectomie double, on doit alterner les 2 côtés lors de prises de sang et prise de tension.

J’en ai parlé dans mon entourage pour savoir ce que ça change dans le quotidien de faire du lymphodème. Voici quelques commentaires :

« Actuellement, je ne porte plus le manchon car j’ai beaucoup de douleur en le portant. Lorsque je le portais, vu que j’avais beaucoup de douleur, je prenais de la morphine et du lyrica, j’en ai pris pendant 6 mois et j’en ai eu assez et j’ai décidé de retirer mon manchon. La douleur a quasi disparue mais mon bras est toujours enflé. Je dois aller revoir quelqu’un pour refaire un nouveau manchon et voir s’il a augmenté… Les inconvénients sont que parfois avec les changements de température, celui-ci gonfle, surtout au niveau de la main. Ma main aussi est souvent douloureuse, je suis droitière et c’est à mon bras droit que je l’ai, pas facile quand on travaille sur un ordinateur toute la journée. »

« Mon lymphoedème est assez léger, Ça ne me fait pas trop mal, mais c’est comme un genre d’inconfort, plus ou moins constant. Porter un manchon aide énormément, mais je ne peux plus porter juste le manchon, sinon ma main enfle trop. Alors là je dois aussi porter un gant, et ça c’est pas mal moins confortable. Mais ça garde tout sous contrôle, alors je ne me plains pas trop. Les inconvénients sont nombreux par contre: c’est mon bon bras, alors par exemple, cuisiner avec un gant est pratiquement impossible (en tout cas, pas sans le salir!). J’ai essayé les gants de nitrile par-dessus, mais ça fonctionne plus ou moins. C’est très difficile d’écrire avec le gant également. Heureusement, ça ne m’empêche pas de taper à l’ordi! Et on s’entend que quand il fait 35C dehors, porter un manchon n’est vraiment pas plaisant, surtout avec les bouffées de chaleur en prime! Mais comme je disais, c’est quand même moins pire qu’avoir un bras tout enflé. »

« J’ai toujours (ou presque) mal au bras qui est affecté. Une douleur similaire à lorsque l’on fait trop de sport. La douleur s’atténue avec le port du manchon , des massages spécialisés (drainage lymphatique) et des advils. La douleur, dans mon cas, est dans mon bras et sous le bras et vers l’arrière dans mon dos. J’ai aussi de la douleur dans mon épaule. Je suis limité dans ce que je peux faire. En théorie, je ne peux lever plus que 15lbs avec mon bras. Mon fiston de 2 ans et 9 mois pèse 35 lbs. Donc, c’est pas toujours possible de respecter ceci. De plus, je suis droitière. J’utilise donc énormément mon bras. Par contre, je ne fais presque plus ce que je faisais avant tel que jardiner, râcler, peinturer. Même quand je fais du yoga, je ne peux faire toutes les poses car je perds de la force dans mon bras. Cela coûte cher s’aider. Mon manchon et gant est fait sur mesure comme j’ai un gros avant bras et petit bras. 630$. Le gouvernement paie environ 75%, une fois par an. Par contre, la durée de vie d’un manchon est 6 mois. Et les drainages lymphatiques ne sont pas couverts. J’ai un drainage aux 2 à 3 semaines au coût de 80-110$ la fois. 1360$ par année dans le moindre des cas, 2860$ dans le pire. Mon bras grossit. Ceci dit, on ne peut pas porter ce qu’on veut. Des fois, le gilet au bras est trop serré. »

COMMENT PEUT-ON AIDER DURANT LA MALADIE

Que ce soit pour une personne vivant seule, avec conjoint, avec des enfants, il y a plusieurs façons d’aider.

Au départ, faire sentir qu’on est présente par un petit mot, un encouragement. Il ne faut pas oublier que la personne qui apprend qu’elle a un cancer, vit un tsunami d’émotions dans les premières semaines. Elle réagit à sa manière et il faut la respecter dans ce qu’elle vit, même si ça va à l’encontre de notre pensée.

L’important, je crois, c’est de lui faire sentir qu’on est là pour elle, qu’elle n’est pas seule dans cette aventure, qu’il y aura toujours quelqu’un au bout du fil en cas de besoin.
On peut arriver, à l’improviste, avec un repas tout préparé ou venir préparer le repas à la maison. On peut faire un peu de lavage, du repassage, du ménage. Ramasser les feuilles dehors, couper le gazon. Aller faire l’épicerie, les commissions. Accompagner la personne pour une marche, une petite sortie, cinéma, théâtre, etc.

L’accompagnement lors des rendez-vous médicaux peut être important aussi. Si la personne vit seule, lui offrir notre soutien lors des visites chez le médecin, surtout au début, elle peut se sentir un peu perdue dans tout ce jargon médical. La soutenir pour apprendre les nouvelles, bonnes ou mauvaises. Et lorsqu’il y a présence de conjoint ou d’enfant, pour eux la vie continue, ils ne peuvent pas toujours s’absenter du travail ou de l’école. On peut offrir de prendre la relève lorsque c’est impossible pour eux de le faire.

On sait que cette aventure se vivra sur plusieurs mois, offrir de notre temps tout au long, pas seulement les premières semaines.

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Lors des traitements, l’accompagner pour lui tenir compagnie, lui changer les idées. Je me souviens à mon premier traitement de chimio, j’étais nerveuse, juste le mot chimio fait peur. Je me demandais bien ce que c’était pour faire à mon corps lors de l’injection. Avoir quelqu’un avec moi, jaser, m’a beaucoup rassurée.

Quelqu’un qui a de jeunes enfants, ça peut être de venir à l’heure du bain et de donner congé aux parents, lire l’histoire avant le dodo. Et même pour l’enfant, avoir quelqu’un qui vient s’occuper juste de lui, qui prend du temps pour lui. Amener l’enfant au parc, au cinéma, l’amener faire un peu de magasinage. Aller avec lui à son activité car pour eux, la vie doit continuer. Oui papa ou maman sont malades mais oui, ils ont le droit de continuer leurs activités sans se sentir coupables, continuer de rire, de s’amuser.

Il y a des personnes qui ne savent pas quoi dire, quoi faire, qui sont mal à l’aise, qui s’éloigne un peu le temps de nos traitements. C’est leur manière d’agir mais je savais très bien qu’elles étaient avec moi quand même.

Un appel téléphonique, un petit coucou par courriel fait toujours plaisir. Et si la réponse n’arrive pas rapidement, ne pas s’inquiéter. Tous les messages d’encouragement nous font un bien immense. On les lit tous, mais on ne répond pas nécessairement tout de suite. Il ne faut pas oublier qu’on vit beaucoup d’émotions en quelques mois, qu’on a des hauts et des bas et qu’on doit apprendre très vite à conjuguer avec tous ces changements. Et n’ayons pas peur de le dire, il y a des journées où on ne veut pas voir personne, mais ne nous en tenez pas rigueur, ça fait partie des « effets secondaires » du cancer.
Mais le plus important, JUSTE ETRE LA.

Lyette

Que rechercher lorsque vous choisissez un soutien-gorge. Première partie : composantes d’un soutien-gorge

Ce blogue est le premier dans ma série d’ajustement pour vous aider à comprendre ce qui fait qu’un soutien-gorge adapté est le meilleur choix pour VOUS ! Je demande votre patience, puisque les renseignements qui suivent sont plutôt de nature technique, mais il est nécessaire de vous donnez une base solide de connaissance pour poursuivre votre apprentissage sur les soutiens-gorge et reconnaître ceux qui offrent le meilleur ajustement possible.

BONNETS

bra-cups

Les BONNETS façonnent et soutiennent les seins. Selon le style du soutien-gorge, les bonnets peuvent:

– Avoir une couture (comme dans le schéma), qui fournit le meilleur soutien possible
– Être sans couture, pour une apparence lisse, ou
– Être sans couture, avec bonnet préformé, pour façonnement du tissu mammaire et recouvrement du mamelon.

PANNEAU CENTRAL

bridge

Le PANNEAU CENTRAL (ou entre-sein) est une pièce de matériel stabilisé situé au devant et au centre du soutien-gorge pour séparer les deux seins. Ce panneau devrait être à plat sur la peau et aidera au façonnage et soutien de vos seins.

DOS

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Le DOS est fabriqué de matériel élastique (nommé « powernet » dans notre secteur) pour le confort et pour assurer le soutien autour du corps. Le dos s’attache aux bretelles et aux agrafes crochets et œillets. Une section dos qui est bien ajustée et offre un soutien est une aide importante pour obtenir une apparence lisse dessous vos vêtements.

BANDE LATÉRALE

side-band

Certains styles de soutiens-gorge ont une BANDE LATÉRALE qui offre le soutien requis dessous le bras (région axillaire). Ceci est la caractéristique la plus négligée! Elle permet d’assister à une silhouette exceptionnellement lisse parce qu’elle soutien le tissu axillaire (sous le bras), tout en offrant confort par l’élimination du frottement à la peau.

CROCHETS et OEILLETS

hook-eye

Les CROCHETS et OEILLETS s’attachent au dos, et la fermeture agrafée est réglable pour un ajustement personnalisé. Ceci vous permet de maintenir un ajustement confortable si vous perdez ou gagner fréquemment du poids.

BRETELLES

bra-straps

Les BRETELLES passent sur les épaules et relient les bonnets à la bande dorsale. Elles sont fabriquées de matériel élastique ou rigide, et seraient réglables pour mieux s’ajuster à vous. Des bretelles larges ou coussinées aident à distribuer la pression aux épaules et rajoutent à votre confort quotidien.

L’ENCOLURE

neckline

L’ENCOLURE sur les soutiens-gorge adaptés retient la prothèse mammaire contre la poitrine; son décolleté est plus haut pour offrir un recouvrement additionnel. Une garniture élastique est souvent utilisée au décolleté pour un sentiment accru de sécurité.

AISSELLE

underarm

La zone AISSELLE est généralement en tissu élastique pour un ajustement confortable et sécuritaire.

BANDE INFÉRIEURE

botton-band

La BANDE INFÉRIEURE est aussi élastique. Elle doit être horizontale et bien collée autour de votre corps, mais pas trop serrée puisqu’il vous faut respirer!

POCHETTES

pockets

Les POCHETTES sont parties essentielles du soutien-gorge adapté; leur fonction est de tenir la prothèse mammaire bien en place et en toute sécurité. Elles sont fabriquées de matériaux ajourés qui sont très confortables contre la peau et qui attirent l’humidité pour vous garder au sec et au frais. Certaines pochettes sont prolongées (comme dans le schéma) et fonctionnent bien avec les prothèses mammaires asymétriques pour atténuer le frottement contre la peau.

Tous les soutiens-gorge Trulife ont des pochettes sur les deux côtés. Si vous n’avez besoin que d’une pochette, l’autre pochette peut être enlevée si vous le voulez.

Ceci fut mon introduction aux composantes d’un soutien-gorge! Laissez un commentaire ou une question ci-dessous sur ce jargon technique que j’ai partagé; j’ai hâte de commencer une conversation avec vous! Demeurez à l’écoute pour mon prochain blogue où nous explorerons les différents styles de soutiens-gorge et leurs caractéristiques et avantages.

Une autre pièce du casse-tête pour vous aider à choisir le meilleur soutien-gorge pour VOUS!

Vous souhaitant bonne santé,

Annie B.

Designer de soutien-gorge Trulife

OCTOBRE : MOIS DU CANCER DU SEIN

Quand je me suis fait dire par ma chirurgienne que je devais me faire ré-opérer car il y avait des cellules cancéreuses dans le contour de sécurité, elle m’a laissé le choix, mastectomie totale ou partielle. Si je choisissais la partielle, il y avait un risque d’une 3e opération. J’ai discuté avec elle des pour et des contre, pour finir par lui dire : « on y va avec la totale, on enlève toute trace de cancer et j’apprendrai à vivre avec ma décision ».

Je me souviens être sortie de l’hôpital un peu comme un zombie me demandant comment j’annoncerais la nouvelle à mes filles. Ce n’était pas de perdre un sein qui m’inquiétait le plus, c’était d’essayer d’adoucir l’annonce de la nouvelle à mon entourage.

Rendue à la maison, je suis restée assise pendant quelques heures à réfléchir. Pour finir par me demander « pourquoi un sein est si important? » ou plutôt « pour qui ?» Je crois qu’à partir de ce moment, j’avais commencé l’acceptation de mon nouveau corps. J’ai subi mon opération 3 semaines plus tard et je pense que j’avais beaucoup évolué dans mon cheminement à ce moment-là.

Mais pour évoluer, il faut nécessairement y réfléchir. Ma psychologue m’a aidé dans ce sens mais également mes amies.

Et ma chirurgienne, sans le savoir, m’a aussi beaucoup aidée. Elle est très humaine et très gentille. Elle me parlait toujours gentiment, doucement. Et je crois qu’on a besoin de douceur dans ses moments. C’est quand même éprouvant se faire dire qu’on va perdre un sein, prendre la décision de le faire enlever complètement, reconstruction ou non. Et quand on se sent entre bonnes mains, qu’on sent qu’on n’est pas juste « un autre patient », on se sent rassurée.

Aujourd’hui, 2 ans après ma 1ère opération, je m’accepte bien avec un sein en moins. Dire totalement, ça serait vous mentir, je suis quand même une femme, et un sein sera toujours un sein, mais je vais bien.

J’ai entendu, depuis 2 ans, toutes sortes de commentaires. J’aimerais en partager quelques-uns avec vous.

« Je ne pourrais pas me montrer à mon chum nue avec juste un sein »

« Ma femme fera sa radiothérapie pendant mes vacances, je pense que je vais les reporter, ça ne sera pas des vacances aller à Montréal à tous les jours »

Et voici les 2 commentaires les plus ignobles que j’ai pu entendre. Ce sont les commentaires que 2 amies se sont fait dire par leur chirurgien car elles ne voulaient pas de reconstruction:

« Ben voyons, une femme sans sein, ça ne se peut pas »

« La féminité d’une femme passe par ses seins »

Depuis 2 ans, je me questionne à savoir pourquoi les seins de la femme sont si importants. Quand on est en âge d’avoir des enfants, si on veut allaiter, les seins sont essentiels, mais après?

Pourquoi la femme est si gênée de se promener avec un sein en moins, pourquoi certaines femmes refusent les mastectomies totales au détriment de leur santé, pourquoi certaines femmes se font faire des reconstructions de peur de perdre leur chum, pourquoi certaines femmes ne s’acceptent tout simplement pas avec un ou 2 seins en moins?

Quand je me regarde dans le miroir, oui il y a la cicatrice, mais il y a MOI dans toute ma splendeur d’être humain avec mes qualités et mes défauts.

Quand j’ai dû me faire opérer pour le poumon, est-ce qu’on a pensé que je perdrais ma féminité?

Quand je regarde mon thorax, j’ai 4 cicatrices suite à des opérations. Pourquoi la cicatrice du sein me gênerait comparativement aux 3 autres? Pour le regard de qui?

Pourquoi la femme se fait faire des augmentations mammaires, des faux cils, des faux ongles, pourquoi les régimes continuels, pourquoi faire disparaître les rides, les cheveux gris? Pourquoi et pour qui? Qui décide des standards de beauté?

Quand je porte ma prothèse, est-ce que je suis moins femme? Quand je ne la porte pas, suis-je un monstre?

On est tellement plus que juste un sein.

J’ai un utérus en moins, un lobe de poumon en moins et un sein en moins, et puis après ….. je suis en vacances, assise sur le bord d’un lac à vous écrire, pourquoi serais-je malheureuse???

Lyette

RETOUR À LA VIE NORMALE

20 mois de temps d’arrêt, que j’ai mis ma vie entre parenthèses pour plonger dans l’inconnu, apprendre à faire confiance aux autres, à leur laisser le contrôle de ma vie.

Quand on se fait dire la 1ère fois qu’on a un cancer, on ne sait pas dans quoi on s’embarque et je pense que c’est mieux ainsi, sinon, l’anxiété nous envahirait et on se sentirait découragée avant même de commencer quoi que ce soit.

Par chance, l’hôpital était tout près de chez moi. J’ai été me faire traiter à Montréal (1 heure de chez moi) seulement pour la radiothérapie et le poumon. Quand je fais un calcul rapide, j’ai été plus de 100 fois dans les corridors, salles d’attente de clinique, CLSC et hôpital. Prises de sang, échographie, biopsie, scintigraphie osseuse, scan, tep scan, chimiothérapie, radiothérapie, opération, rendez-vous avec les médecins, les infirmières, font partie de notre quotidien.

Ma liseuse était ma meilleure amie, elle connaît tous les corridors, les salles d’attente, elle me suivait partout. Je la glissais dans ma poche et hop, nous étions parties. Je dois avoir pas moins de 60 livres de lus durant cette période. Par chance, j’aime beaucoup lire. Je ne suis pas du genre à parler aux inconnus dans les salles d’attente, et encore moins répondre à la question « toi, c’est un cancer de quoi ». Ma liseuse a vraiment été mon alliée. Mais je ne peux pas dire que je me souviens de l’histoire de tous les livres. Par moment, la concentration manquait un peu.

Au début de mon congé, je me levais tôt à tous les matins, allait marcher, gardait mon rythme de vie de femme qui travaille. Après ma 2e opération au sein, un matin que j’étais à prendre ma marche, je me suis dit : arrête de courir, tu as de la chimiothérapie et de la radiothérapie à faire, tu ne retournes pas travailler tout de suite, prends ça relax le matin. A partir de ce matin-là, j’ai vraiment décroché. Ça m’aura pris 4 mois.

Tu as tellement de rendez-vous durant cette période que ton temps est très occupé, et les semaines passent rapidement. Et il y a aussi les périodes où tu vas moins bien, l’énergie étant en baisse à cause des traitements, des médicaments, des questionnements, etc. Et pour tous ceux qui pensent qu’on est en vacances durant ce temps parce qu’on ne travaille pas …..

Dans ma tête, c’est comme si la vie s’était arrêtée il y a 2 ans. J’ai comme « sautée » un 2 ans dans la vie de tout le monde, pour me rendre compte que finalement, quand je parle de quelque chose dans l’espace temps, je dois rajouter un 2 ans … Et c’est là que je réalise que malgré tout, cette période a passé rapidement. Mais quand on est en plein traitement, on trouve ça long et on a juste hâte que tout ça finisse.

Une fois tous les traitements terminés, c’est comme si c’était une nouvelle vie qui commençait. On doit se réapproprier notre vie, faire autre chose que des rendez-vous médicaux, mais surtout, penser à nous. J’ai dû me réajuster à bien des niveaux.

A la maison, je dois « planifier » un peu plus, ce que je ne faisais plus du tout, ou presque plus.

Au travail, ouf, c’est une autre paire de manches. Beaucoup de choses ont changées, à commencer par la concentration, la mémoire, je dois faire une contre-vérification de certaines tâches effectuées. Et la fatigue est un peu plus présente en fin de journée.

Peut-être qu’avec tous ses traitements, notre corps vieillit plus vite, qui sait ??? Mais je sais une chose, physiquement je ne suis pas comme avant. Espérons que le temps ramènera les choses sinon j’apprendrai à vivre avec ses changements.

La vie sociale, je la retrouve à mon rythme. Mais parfois, je refuse certaines invitations. Je sais qu’au retour à la maison de chaque sortie, j’aurai de la douleur dû à la chirurgie aux poumons. Le temps passe et la douleur diminue, mais certaines journées, je n’ai pas vraiment le goût d’avoir mal. Donc, de ce côté, une journée à la fois.

On doit aussi se réapproprier notre corps, vivre avec notre nouvelle image. Même si je suis à l’aise avec mon corps, j’ai quand même dû faire un travail sur moi pour accepter mon corps avec un sein en moins.

Quand on est en période de traitement, on est très bien entourée par le monde médical, on est très occupée. Quand on reprend notre vie, tout d’un coup, le monde médical nous « fiche la paix ». On doit, du jour au lendemain, apprendre à vivre avec nous-mêmes, les « changements psychologiques » du cancer, et les séquelles physiques avec ses limitations.

Oui, on est en vie, mais on doit prendre le temps de se réajuster dans cette nouvelle vie.   Tellement d’émotions qui sont bousculées durant cette période qu’on ne peut pas les prendre toutes en même temps, on réalise en peu de temps ce qu’on aurait dû réaliser sur plusieurs années, parfois le choc est brutal. Mais en les prenant une à la fois, on s’y fait et on évolue à notre rythme.

Je suis présentement en vacances pour quelques semaines. Depuis 2 ans, c’est la 1ère fois que j’ai le sentiment d’être en vacances. J’étais bien excitée et très heureuse de pouvoir planifier des vacances. Le retour à la vie normale est bel et bien amorcé.

Et j’en ai profité pour essayer la prothèse Active Flow. Une prothèse fait d’un tissu moulé à espacement offrant un séchage rapide. Au début, j’étais très septique car c’est une prothèse fait de billes légères, donc très différente de la prothèse de tous les jours. J’ai monté une petite montagne durant les vacances et malgré la transpiration et la chaleur, la prothèse n’était pas humide et restait bien en place, et sans ressentir aucune chaleur supplémentaire sous la prothèse. Et pour l’essai dans la piscine, le seul défaut que j’y ai trouvé, c’est qu’elle est un peu plus petite comparativement à la prothèse pour la baignade. Et les pochettes dans le costume de bain sont un brin trop grandes, donc dans l’eau, il y a comme un « espace d’air ». Mais côté confort, elle est beaucoup moins pesante, donc beaucoup plus confortable. Et les billes n’imbibent pas l’eau, ce qui la rend très confortable. Et pour l’entretien, très facile à laver et sèche rapidement. Et un point très positif, le coût est très abordable. Donc, aucune raison de s’en passer quand on fait de l’exercice.

Lyette

Rencontrez notre designer de soutiens-gorge

Rencontrez notre designer de soutiens-gorge

Située au Canada, Annie Boulanger est notre designer de soutiens-gorge. Elle s’est jointe à notre équipe il a onze ans, après une carrière dans la fabrication et création de mode dans les vêtements pour femmes et enfants.

Nous avons interviewé Annie et lui avons posé des questions sur sa vie, son cheminement et comment se conçoit un soutien-gorge formidable!

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D’où est venue ta passion pour le design? Qu’est-ce qui t’a amené là?

J’ai toujours été intéressée à créer des choses. J’adorais les camps d’arts pendant l’été. Nous participions à des activités créatives de toutes sortes, telles que la fabrication de masques en plâtre, la peinture batik, ou les collages multidimensionnels.

Quand j’étais petite, j’utilisais du papier quadrillé pour créer des plans de maison. Des maisons de rêves! Je me souviens bien, mes concepts incluaient de multiples étages et des ascenseurs. Encore aujourd’hui, je suis toujours passionnée par l’analyse de plans de maison pré-dessinés. J’aime voir si j’aurais pu les améliorer; y aurait-il un meilleur emplacement pour une fenêtre ou une porte? L’espace pourrait-il être mieux utilisé? C’est toujours plaisant pour moi, même si j’ai

Lorsque j’étais adolescente, j’ai découvert la machine à coudre de ma mère. Elle l’avait reçue comme cadeau de mariage et ne l’avait jamais utilisé. Je l’ai convaincue de m’enregistrer à un cours de couture donné par une couturière expérimentée. Et ce fut le vrai point de départ! Après trois années de cours, la décision sur mon futur cheminement de carrière a été très facile; immédiatement après le secondaire, je me suis enregistrée à une école de design de mode à Montréal.

J’ai obtenu mon diplôme à la fin du programme de 3 ans et j’ai décidé de continuer mes études dans une autre école de design de mode pour ajouter des connaissances supplémentaires telles que la conception assisté par ordinateur, la confection, le design de lingerie et la création de vêtements pour enfants. Mon désir d’apprendre et de créer des nouveautés ne s’est pas atténué du tout; il y a quelques années, j’ai décidé de construire un four à bois dans ma cour, à partir de rien et sans aucune connaissance en maçonnerie!

Je crée également de délicieuses pizzas et du pain artisanal cuits dans mon four à bois que mes amis et voisins ont beaucoup de plaisir à déguster! Vous pouvez donc dire que je suis maintenant créatrice de soutiens-gorge le jour et créatrice de délices culinaires le soir!

Quelle est la partie la plus difficile dans la création d’un soutien-gorge?

Trying to please everyone! There’s no standard woman’s body, so you could ask – how can there be a bra that will fit everyone?? Having all components engineered to fit together can sometimes be an interesting challenge.

Essayer de plaire à tous le monde! Il n’y a pas de morphologie standard pour la femme, donc on se demande – comment peut-il y avoir un seul soutien-gorge qui s’ajuste à toutes? L’intégration de tous les composants techniques est certainement un défi intéressant.

Fil à coudre utilisé à notre usine de fabrication en Ontario, Canada

Fil à coudre utilisé à notre usine de fabrication en Ontario, Canada

Est-ce que les soutiens-gorge ont changés au fil des ans? Si oui, comment?

Sans aucun doute! Par où dois-je commencer! Il y a plusieurs décennies, les soutiens-gorge étaient disponibles dans le blanc, ou le blanc! De nos jours, on peut retrouver une vaste sélection de tons neutres tels que chair, café au lait et grès, ce qui donne une garde-robe plus diversifiée. La forme des soutiens-gorge a changé ainsi que la morphologie féminine. Les bonnets de soutiens-gorge datant des années 1950 étaient très coniques et pointus, alors que maintenant nous désirons une forme beaucoup plus naturelle. Une chose est sûre, il y aura d’autres changements dans l’avenir!

D’où tires-tu ton inspiration?

Mon inspiration vient de nos clientes et de leur clientèle; je travaille en étroite collaboration avec toutes. Elles m’expriment leurs préoccupations, ce qu’elles aiment et n’aiment pas, et à quoi elles s’attendent lorsqu’elles portent un soutien-gorge. Il nous est impossible de plaire à toutes avec chacun de nos soutiens-gorge. Je peux toutefois affirmer que chaque détail sur chacun de nos soutiens-gorge a été demandé par une cliente ou leur clientèle.

Quel est la caractéristique la plus demandée dans un soutien-gorge, d’après ton expérience?

Le confort. Lorsque nous enfilons un soutien-gorge qui s’ajuste parfaitement à notre corps, nous le ressentons immédiatement, et on se sent mieux toute la journée.

Quels sont tes matériaux préférés?

Les matériaux élastiques, qui sont en même temps un plaisir et un défi!

Quel est ton style préféré de Trulife?

Ah, ça c’est une question difficile! Comment choisir l’un ou l’autre? À chaque fois que nous lançons un nouveau soutien-gorge, je retombe en amour! J’aime particulièrement notre nouveau style Lexi 4043; la couleur améthyste rajoute du « Oh la la » et du panache tandis que la couleur grès est très jolie et polyvalente, étant d’un ton neutre pour le port quotidien.

Je dois avouer que j’aime beaucoup notre style 4008 Audrey pour son confort et son soutien exceptionnels grâce aux armatures, et aussi pour les détails délicats de la dentelle européenne.

Choix de la légèreté

Après ma mastectomie, je me suis achetée la prothèse Trulife qui était disponible à ce moment-là à la boutique de lingerie près de chez moi. Elle était confortable et le poids ne me dérangeait pas trop. Durant la radiothérapie, j’ai pris une petite pause de prothèse et soutien-gorge. Une fois ma peau bien guérit des brûlures, j’ai recommencé à la porter et je me sentais quand même bien. J’ai dû prendre un autre temps d’arrêt lors de mon opération au poumon mais maintenant, je peux la porter à tous les jours.

J’ai eu la chance, tout dernièrement d’essayer la prothèse « Sublime ». Je pensais que j’étais confortable avec la mienne. Wow, quelle différence. Je peux la porter à l’intérieur de la pochette de mon soutien-gorge ou directement sur la peau sous le soutien-gorge. Et lorsque je la dépose directement sur ma peau, elle ne bouge pas, ne glisse pas. Même par temps de grosse chaleur, je ne ressens aucune sensation de chaleur sur ma peau et la prothèse n’est jamais humide. Et lors de mes marches rapides, le confort est toujours au maximum. Pour ce qui est du poids de la Sublime, elle est beaucoup plus légère et j’irais jusqu’à dire qu’on ne se rend pas compte qu’on porte une prothèse, directement sur la peau ou non. Et je ne vous dis pas ça pour faire plaisir à la compagnie Trulife, c’est vraiment comment je me sens avec la Sublime.

Elle est vraiment très confortable et je mets au défi n’importe quel œil de trouver lequel de mes seins est une prothèse.
Pour ce qui est des soutiens-gorge, je ne sais pas pourquoi mais j’avais dans l’idée qu’un soutien-gorge post-mastectomie se doit d’être « drabe ». Et bien non, ils sont très beaux et différents modèles sont offerts pour tous les styles et tous les goûts.

Et pour celles qui résident au Québec, n’oubliez pas de vous inscrire à la RAMQ lors de votre 1er achat de prothèse pour votre remise de 200$. Par la suite, le gouvernement vous remet 200$ à chaque 2 ans pour l’achat d’une nouvelle prothèse. Aucune raison de s’en passer.
http://www.ramq.gouv.qc.ca/fr/citoyens/programmes-aide/pages/protheses-mammaires-externes.aspx

Ma réaction face au cancer

Quand un cancer nous tombe dessus, on n’a rien à dire, même si on crie, on pleure, la situation ne changera pas, mais par contre, ON A LE CHOIX DE CHOISIR COMMENT ON VA LE VIVRE.

Et la manière dont on décide de le vivre, est la bonne pour nous. Et tranquillement, on évolue à travers notre situation, à notre rythme. On entend tout ce qui se dit alentour de nous, mais on n’est pas nécessairement prêt à l’entendre, et parfois, on ne veut pas l’entendre parce que ça vient chercher trop d’émotions. On le sait, mais on doit négocier avec tellement de choses en même temps, qu’il faut les prendre une par une.

Et à travers le temps, on évolue. On ne pense pas exactement pareil au début qu’on peut penser durant les traitements ou à la fin des traitements, on évolue à notre rythme.

La journée où j’ai passé ma mammographie et mon échographie, dans le regard du radiologiste, j’ai vu qu’il se passait quelque chose de grave, mais je pense que je me protégeais, je n’étais pas prête à faire face à la nouvelle. Mon médecin généraliste m’a remis les papiers pour une biopsie et une rencontre avec la chirurgienne. Encore là, j’étais sous le choc, pourtant le mot néoplasie était écrit sur le papier, mais c’est comme si je ne voulais pas le voir.

C’était à la mi-juillet, donc un r-v pour la biopsie 3 semaines plus tard. Pendant ce temps, je me fais tranquillement à l’idée au mot cancer mais je ne suis pas encore prête à l’entendre de la bouche de mon médecin. Et je n’en parle presque pas à mon entourage. Je continue de travailler et quand je reviens à la maison, je m’accroche un sourire au visage pour que rien ne paraisse face à mes filles. Je vais en vacances quelques jours et au retour, la biopsie. Je ne sais pas ce qui m’attend. On connait tous quelqu’un qui a eu un cancer du sein, mais je n’avais jamais questionné sur les tests ou quoi que ce soit. Ce fût ma 1ère journée dans les corridors de l’hôpital …. d’une très très longue série de visites de corridor et de salles d’attente.

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Le lendemain de ma biopsie, j’étais prête à aller rencontrer mon médecin généraliste et écouter ce qu’il avait à dire. Il m’explique ce qu’est le test de doppler lors de l’échographie et que la biopsie va juste venir confirmer que c’est un cancer. J’ai été assommée par le mot cancer, oui, mais cette journée-là, j’étais prête à l’entendre.

Je retourne à la maison en me disant « comment je vais le dire aux filles ». C’était ma hantise depuis la première journée, si j’ai un cancer, je leur dit ça comment. Je dois vous spécifier que le père de mes filles, 15 et 17 ans à l’époque, de qui j’étais séparée depuis plusieurs années, était décédé 18 mois avant d’un cancer du poumon, en l’espace de 5 semaines. Vous comprendrez que je suis très inquiète de leur réaction suite à cette annonce. Par chance, mes 2 filles sont à la maison en même temps. Je me décide à leur parler tout de suite.

Ensuite, aller le dire à mes parents et les amies. Pour moi, c’était important que ce soit moi qui leur dise, ne pas l’apprendre par le bouche à oreille. Mais je vous avoue que j’ai trouvé ça très dur, ça m’a demandé beaucoup d’énergie.
Aujourd’hui, le temps m’a fait comprendre que je ne peux pas prendre la peine de personne, mais à l’époque, ….
Lors de l’annonce du possible cancer au poumon, j’ai eu une réaction tout à fait différente. Je l’ai dit, oui, mais pas tout de suite et je n’avais pas l’énergie de le dire « délicatement une personne à la fois ».

Et cette fois-ci, contrairement à la 1ère fois, j’ai pensé à MOI. À mes yeux, un cancer au poumon est bien plus grave qu’un cancer du sein, le poumon est essentiel à la respiration, à la vie tandis qu’un sein, c’est de la graisse. Et j’ai été très présente lors des dernières semaines de vie de mon ex-conjoint, je me souvenais trop bien ce qu’un cancer au poumon peut faire et ce qui se passe physiquement à la fin … Et j’avais l’expérience d’un 1er cancer, donc si c’était un 2e cancer, je savais dans quoi je m’embarquais comme traitement et bien sincèrement, je n’avais aucune envie de refaire de la chimiothérapie avec tous ses effets secondaires si désagréables … mais tout de même endurables. Mais bon, avais-je le choix? Du cancer, si ça en était un, non, mais des traitements, oui j’avais le dernier mot sur mon choix d’action.

J’ai choisi de vivre ce passage obligé en gardant le moral et en continuant de rire. Est-ce la bonne manière, je ne sais pas, mais c’est la mienne. Et les journées où le moral était moins bon, je me repliais sur moi-même, c’était ma manière à moi. Est-ce la bonne, je ne sais pas, mais c’est la mienne.

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Ce que j’ai trouvé un peu difficile à faire, c’était de devoir justifier mes différentes décisions, mes différentes pensées, mes différentes actions à travers mon cheminement. Comme par exemple, la reconstruction que je ne me ferai pas faire. Mais ça sera le sujet d’un blog dans les prochains mois. On ne peut pas parler de reconstruction et de féminité dans un paragraphe seulement.

A travers cette période, j’ai compris que je ne pouvais pas prendre sur moi la peine que mon entourage avait. Mes amies ont été extrêmement présentes tout au long de la maladie, je vivais ma situation à ma manière et elles, devaient la vivre à leur manière. Je sais que j’en ai inquiétées plusieurs, mais je n’y pouvais rien. Je n’ai pas choisi d’avoir le cancer, il était là et on a fait du mieux qu’on pouvait, tout le monde, chacun de notre côté.

Temps d’arrêt bien malgré moi

Juillet 2016, enfin faire autre chose que les rendez-vous médicaux, pouvoir me promener au soleil sans avoir à me couvrir afin éviter les rayons de soleil, sans oublier la crème solaire bien sûr, mais le plus important, retour au travail à temps plein, pouvoir prendre des vacances et profiter de la vie.

En d’autres mots, me permettre de reprendre le contrôle de ma vie, mais un peu différemment d’où je l’avais laissé il y a 2 ans lorsque, pour l’année de mes 50 ans, on m’a annoncé que j’avais le cancer du sein.

Tout au long de ses 20 mois, j’ai appris à vivre avec l’inconnu, ne pas savoir de quoi sera fait demain, faire confiance aux autres mais surtout, leur laisser le contrôle de ma vie afin que je puisse retomber sur mes 2 pattes le plus rapidement possible.

J’ai appelé cette période « mon passage obligé ». Même si j’aurais préféré ne pas avoir le cancer, il était là et j’ai conjugué avec, à ma manière.

Petit retour en arrière, juin 2014, le sein droit me fait mal, la douleur me réveille la nuit. Je pense que c’est mon ovulation qui me cause cette douleur. Mi-juillet, aucun changement, je me décide donc à appeler le médecin, même si je pense que je n’ai rien, je veux juste me rassurer. A partir de ce moment, tout va très vite, la mammographie, l’échographie, la biopsie, l’attente des résultats, l’enfer, tout se bouscule dans ma tête, impossible de penser à autre chose. Mi-août arrêt de travail en attendant la suite des choses, je ne suis plus capable de me concentrer. Je rencontre ma « super » chirurgienne, panoplie de tests préopératoires et finalement, opération le 11 septembre. De retour sur la table d’opération le 17 novembre, mais cette fois-ci pour une mastectomie complète du sein droit.

On trouve une micrométastase de 1.36mm dans le ganglion sentinelle, ce qui veut dire chimiothérapie préventive. J’aurais espéré me sauver de la chimio, mais non, juste le mot « chimio » fait peur en lui-même. Donc, 4 traitements de chimiothérapie, ensuite 25 traitements de radiothérapie. Le dernier traitement a lieu le 2 juin, je me dis que je pourrai profiter de mon été, faire des activités, m’amuser quoi avant le retour au travail prévu pour novembre. C’était ce que je pensais mais j’avais oublié un effet secondaire à tous ces traitements, LA FATIGUE.

Moi qui était habituée de faire des activités, dire oui à toutes les offres qu’on me faisait, j’ai dû apprendre à écouter mon corps et choisir mes activités. Pas facile au début, mais j’ai appris à dire non et à accepter mes limites.
L’été passe, tout va bien. Je pense que tout est derrière moi. Je me repose et refait le plein d’énergie pour mon retour à « la vie normale » prévu en novembre.

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Tout au long de mon passage obligé, je garde le moral, je continue de rire, oui parfois j’ai mes moments, mais je me ressaisi assez vite. Le mot cancer est un mot qui fait peur quand on l’entend pour la 1ère fois. Mais à le côtoyer à tous les jours, on apprend à vivre avec.

Perdre un sein, comment j’ai réagit? Je vous dirais que je n’ai pas eu à y réfléchir longuement. Mon sein est malade, on l’enlève tout simplement. Reconstruction? Ce n’était pas quelque chose qui était vraiment important pour moi. Quand je me regarde dans le miroir, oui je vois ma cicatrice mais le plus important, je me vois, MOI.

A l’automne, je passe un scan de contrôle. Très confiante que tout est derrière moi, gros coup de masse. Un nodule aux poumons a grossi anormalement vite, on recommence la panoplie de test, je suis anéantie par cette nouvelle. Un sein, c’est juste de la graisse, un poumon, c’est essentiel à la vie. Je réagis très différemment à cette annonce. Janvier 2016, je me fais opérée, aucun test ne peut confirmer à 100% si c’est un cancer ou non. On ne prend pas de chance et on enlève un lobe du poumon droit. Je garde le moral malgré tout et je vis un jour à la fois.

Gros soulagement, lors de l’analyse, c’était du tissu cicatriciel dû à la radiothérapie.

Maintenant, je peux dire que ce chapitre est derrière moi. Je ne suis pas complètement rétablie de l’opération aux poumons, mais je prends un jour à la fois. Je sais que physiquement, les choses ne seront plus comme avant, mais j’apprends à vivre avec les séquelles et psychologiquement, j’évolue à travers cette épreuve.

Ce que je retiens de ce chapitre de ma vie, est le mot RESPECT. J’ai appris à ME respecter malgré certaines décisions qui ont été dures à prendre au fil des mois afin de « sauver ma peau » si on peut dire.

J’ai recommencé à travailler ce printemps, je commence à voir la lumière au bout du tunnel, je recommence à vivre. Pour l’instant, je me « remets » de tout ça, tout en ayant conscience des changements qui se font dans ma manière de penser, d’évoluer à travers tout ça.

Je prends vraiment un jour à la fois, j’accepte mes limites et je conjugue avec. Et certains soirs, je me couche avec de la douleur, mais je me dis que j’ai passé une belle journée et que ça valait le coup. Je me dis que d’ici 2 ans, je devrais avoir repris un rythme à peu près normal.

Merci à toutes d’avoir pris le temps de me lire, et je continuerai à vous écrire des petits mots et vous raconter comment je vis à travers tous ces changements. Et n’hésitez pas, si vous avez des sujets que vous voudriez que j’aborde, il me fera plaisir de le faire.

À la prochaine

Lyette

Lyette